Écouter les pièces

      08-Seq-Victimae-Paschali
      19-Int-Misericordia-Domini

Les commentaires de ces pièces sont disponibles dans le dernier numéro de Cantate Domino.

CD Deo gratias

DEO GRATIAS !CD_deo_gratias

C’est avec ces mots et ce CD que la Schola Saint Grégoire souhaite rendre grâce à Dieu, à Notre Dame et à ses Saints protecteurs, à l’occasion du 75ème anniversaire de sa fondation. L’idée première de ce CD était d’associer aux différentes manifestations de ce jubilé les chœurs monastiques des communautés féminines cloîtrées, qui ne se déplaceront pas. Par la suite, pour ne pas donner trop de travail à ces communautés, d’autres chœurs de religieux et de laïcs ont été sollicités, soulignant ainsi la diversité des bénéficiaires de l’enseignement de la Schola.

Ce CD est le fruit de la fidélité du Seigneur qui n’a pas ménagé son aide à la Schola au cours de ces soixante-quinze années. À travers des difficultés parfois bien rudes, il y a toujours eu suffisamment de lumière pour continuer.
Depuis sa fondation, Notre Dame veille sur sa petite Schola : elle lui a été consacrée le 1er septembre 1938 à la grotte de Massabielle à Lourdes.

Il est possible de télécharger le livret de partition.
Il est possible de commander ce CD en s’adressant à la Schola St Grégoire: CD Deo gratias bon de commande

Liste des pièces :

Hommage à Dieu
1 Introït – Cantate Domino

(5e dim. de Pâques – 4e dim. après Pâques)

Abbaye Notre-Dame de Fontgombault
2 Offertoire – Jubilate Deo
(5e dim. de Pâques – 4e dim. après Pâques)
Abbaye Notre-Dame de Fontgombault
3 Introït – Lætetur cor

(4e dim. per annum – Jeudi 4e sem. de Carême)

Servantes des Pauvres d’Angers
4 Alléluia – Exsultate Deo

(17e dim. per annum – 11e dim. après Pentecôte)

Abbaye Notre-Dame d’Argentan
5 Offertoire – Bonum est

(4e dim. per annum – Dim. de la Septuagésime)

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
6 Alléluia – Laudate Deum

(2e dim. per annum – 2e dim. après l’Epiphanie)

Séminaristes de l’Institut du Christ-Roi de Gricigliano
7 Communion – Illumina

(4e dim. per annum – Dim. de la Septuagésime)

Séminaristes de l’Institut du Christ-Roi de Gricigliano
8 Antienne – Laudemus Dominum

(Salut du T. S. Sacrement)

Fraternité Saint Vincent Ferrier de Chémeré-le-Roi
9 Antienne de Magnificat – Te Deum

(Fête de la T. S. Trinité)

Choeur Saint Grégoire (Grenoble, Valence, Lyon, Romans)
10 Répons des Matines de Noël – Verbum Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
Hommage à Notre Dame
11 Introït – Gaudens gaudebo

(Solennité de l’Immaculée Conception)

Abbaye Notre-Dame de Randol
12 Offertoire – Recordare

(Fête des sept douleurs de la T. S. Vierge)

Choeur Saint Grégoire (Grenoble, Valence, Lyon, Romans)
13 Antienne – Hodie gloriosa cæli Regina et Magnificat

(N. D. de Lourdes)

Abbaye Notre-Dame de Fontgombault
14 Antienne – Alma Redemptoris Mater

(Complies)

Abbaye Notre-Dame d’Argentan
15 Antienne – Regina cæli

(Complies)

Abbaye Notre-Dame d’Argentan
16 Antienne – Salve Regina

(Complies)

Abbaye Notre-Dame d’Argentan
17 Antienne – Inviolata

(Salut du T. S. Sacrement)

Choeur féminin Liquescentes de Poznan (Pologne)
18 Prose – Rorate cæli

(Salut du T. S. Sacrement)

Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
Hommage à saint Joseph
19 Hymne – Te Joseph

(Fête du 19 mars à Vêpres)

Monastère Sainte-Marie de la Garde
20 Communion – Jacob autem

(Fête du 1er mai)

Monastère Sainte-Marie de la Garde
 Hommage à sainte Cécile
 21 Offertoire – Afferentur Regi

(Commun des Vierges)

Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
 22 Antienne – Cantantibus organis

(Fête du 22 novembre)

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
 23 Antienne – Valerianus

(Fête du 22 novembre)

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
 24 Antienne – Cæcilia

(Fête du 22 novembre)

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
 25 Antienne – Benedico te (Fête du 22 novembre)
Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
 26 Antienne – Triduanas (Fête du 22 novembre) Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
 27 Antienne de Benedictus – Dum aurora (Fête du 22 novembre) Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
 28 Antienne de Magnificat – Est secretum (Fête du 22 novembre) Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
 Hommage à saint Grégoire
29 Antienne – Beatus Gregorius

(Fête du 3 septembre – 12 mars)

Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
30 Antienne – Pastor eximius

(Fête du 3 septembre – 12 mars)

Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
31 Antienne – Dum paginæ sacræ

(Fête du 3 septembre – 12 mars)

Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
32 Antienne – Servi Domini

(Fête du 3 septembre – 12 mars)

Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
33 Antienne – Gregorius

(Fête du 3 septembre – 12 mars)

Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
 34 Antienne de Benedictus – Gregorius

(Fête du 3 septembre – 12 mars)

Abbaye Notre-Dame de l’Annonciation du Barroux
 Hommage à saint Julien
35 Antienne – Beate Christi

(Fête du 27 janvier)

Abbaye Notre-Dame de Fontgombault
36 Antienne – Intercessio

(Fête du 27 janvier)

Abbaye Notre-Dame de Fontgombault
37 Antienne – Sacerdotum diadema

(Fête du 27 janvier)

Fraternité Saint-Vincent Ferrier de Chémeré-le-Roi
 Remerciements à l’Église et aux Souverains Pontifes
38 Introït – Lætare

(4e dim. de Carême)

Séminaristes de l’Institut du Christ-Roi de Gricigliano
39 Graduel – Lætatus sum

(4e dim. de Carême)

Choeur féminin Liquescentes de Poznan (Pologne)
40 Répons – In hymnis

(Procession des dimanches d’octobre)

Abbaye Notre-Dame de Triors
41 Répons – Super muros tuos

(Procession des dimanches de novembre)

Abbaye Notre-Dame de Triors
 42 Antienne – Oremus pro Pontifice

(Salut du T. S. Sacrement)

Stagiaires de la session d’été 2012 à Montligeon
 En union avec tous ceux de la Schola déjà partis vers le Seigneur
 43 Offertoire – Justorum animæ

(Solennité de la Toussaint)

Abbaye Notre-Dame de Triors
44 Introït – Esto mihi

(6e dim. per annum – Dim. de la Quinquagésime)

Servantes des Pauvres d’Angers

Introït Spiritus Domini

L’Eglise nous propose comme pièce d’ouverture de la Messe de la Pentecôte, l’introït « Spiritus Domini » :

Spíritus Dómini replévit orbem terrárum, allelúia : et hoc quod cóntinet ómnia, sciéntiam habet vocis,allelúia, allelúia, allelúia.

 L’Esprit du Seigneur remplit l’univers, alléluia : et lui, qui tient unies toutes choses, possède la science du langage,alleluia, alleluia, alleluia.

 Cette fête se situe cinquante jours après Pâques. « Dans les Actes des Apôtres, les disciples étaient réunis en prière au Cénacle lorsque l’Esprit Saint descendit sur eux avec puissance, comme du vent et comme du feu. Ils se mirent alors à annoncer en plusieurs langues la bonne nouvelle de la résurrection du Christ (cf. 2, 1-4). Ce fut « le baptême dans l’Esprit Saint », qui avait déjà été annoncé par Jean Baptiste : « Pour moi, je vous baptise dans de l’eau, disait-il à la foule… mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3, 11). En effet, toute la mission de Jésus avait pour objectif de donner l’Esprit de Dieu aux hommes et de les baptiser dans son « bain » de régénération. Cela s’est réalisé par sa glorification (cf. Jn 7, 39), c’est-à-dire à travers sa mort et sa résurrection : l’Esprit de Dieu a alors été répandu en surabondance, comme une cascade capable de purifier tous les cœurs, d’éteindre l’incendie du mal et d’allumer dans le monde le feu de l’amour divin. » »1

C’est la réalisation de la promesse que le Christ avait faite à ses Apôtres avant sa Passion : « Lorsque viendra le Paraclet, que moi je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité qui provient du Père, c’est lui qui témoignera à mon sujet. » (Jn 15, 26) Un peu plus loin le Christ explique le rôle du Paraclet : « Et, une fois venu, celui-là confondra le monde à propos de péché, de justice, et de jugement » (Jn 16, 8) ou encore « j’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter à présent. Quand il viendra, celui-là, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité totale. » (Jn 16, 12, 13)

Le vent de l’Esprit Saint s’est manifesté à plusieurs reprises dans l’Ancien Testament. Ici, par sa venue, il vient changer les cœurs. « Et tandis que les langues de feu paraissaient au-dehors, leurs cœurs au-dedans devenaient de flamme, car recevant Dieu sous la forme de feu apparent, ils se mirent à brûler d’un amour très doux (cf. Ac 2, 1-4) »2.

Par l’Incarnation, Dieu s’est fait homme, sans cesser d’être ce qu’Il est. Par la Pentecôte, les hommes ont reçu la divinité du Ciel : « La Pâque du Christ s’accomplit dans l’effusion de l’Esprit Saint qui est manifesté, donné et communiqué comme Personne divine : de sa Plénitude, le Christ, Seigneur, répand à profusion l’Esprit (cf. Ac 2,36) »3. Par le don de l’Esprit, l’Eglise naissante pourra se développer jusqu’à la fin des temps : « Le Royaume annoncé par le Christ est ouvert à ceux qui croient en Lui: dans l’humilité de la chair et dans la foi, ils participent déjà à la Communion de la Trinité Sainte. Par sa venue, et elle ne cesse pas, l’Esprit Saint fait entrer le monde dans les « derniers temps », le temps de l’Eglise, le Royaume déjà hérité, mais pas encore consommé: « Nous avons vu la vraie Lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, nous avons trouvé la vraie foi: nous adorons la Trinité indivisible car c’est elle qui nous a sauvés » (Liturgie byzantine, Tropaire des vêpres de Pentecôte; il est repris dans les Liturgies eucharistiques après la communion) »4.

Une mélodie toute simple, mais riche d’expression, de plénitude et d’éclat, introduit dans la profondeur du mystère de ce jour. Le 8e mode utilisé ici offre une grandeur, une souplesse, une légèreté caractérisant l’action de l’Esprit Saint dans les cœurs des Apôtres et par la suite en nos cœurs. De nombreux balancements, de larges envolées ponctuent la mélodie évoquant l’action du vent, les battements aériens des ailes d’une colombe, la puissance du feu ; vent, colombe, feu manifestent dans la Bible la présence de l’Esprit Saint. Aussi, l’Esprit Saint semble jaillir de la mélodie, pourvu que celle-ci soit chantée avec souplesse dans l’amour de Dieu et comme la prière de l’Eglise.

Deux phrases musicales composent cet introït. L’intonation part du ‘ré’ grave pour s’établir autour de la tierce ‘fa – la’ avec une succession de trois rythmes ternaires rappelant le vol de la colombe. On soignera notamment les deux accents au levé de ‘Spíritus’ et ‘Dómini’ qui renforcent magnifiquement l’élan de cette intonation.

Puis la mélodie s’envole. L’Esprit Saint souffle sur la terre entière, Il remplit l’Univers. La mélodie s’établit autour de la dominante du 8e mode par une montée ‘fa – la – do’ ; l’apex, ou sommet mélodique, se situe sur le mot ‘orbem’, « qui resplendit en pleine lumière »5. L’Esprit Saint règne sur le monde. Il est là pour nous, envoyé par le Père, uni au Fils dans la Trinité divine. Qu’attendons-nous pour le prier ! La mélodie poursuit sur la teneur ‘do’ avec l’accent au levé, cependant au grave, de ‘terrárum’. Cette première phrase se conclut par un ‘alleluia’ caractéristique du temps pascal qui nous permet de revenir sur la finale habituelle du 8e mode, le ‘sol’, tout en assurant la structure musicale, et donc la fermeté mélodique, par la présence de la sous-finale ‘fa’. Aucune dureté mélodique dans cette phrase qui ne semble pas sonner comme un tetrardus. En effet, la pièce avec son départ sur ‘ré’ débute en protus. Puis la quinte ‘fa-la-do’ laisse entendre un tritus ! Que d’équivoque modale, mais quelle unité, quelle ligne mélodique !

La deuxième phrase repart du ‘fa’ et immédiatement, à l’aide d’un podatus de quarte, monte vers la dominante sur le mot ‘hoc’. Avec un léger va et vient, évoquant les battements des ailes de la colombe ou la danse des flammes, la mélodie oscille entre le ‘sol’ et le ‘do’. L’apex sur le verbe ‘habet’ manifeste la toute puissante de Dieu qui possède toutes les qualités de manière parfaite et infinie. On veillera à ne pas trop relâcher le chant sur le torculus de la syllabe finale de ‘scientiam’. Ce torculus, dit ‘de conduit’, prépare la montée de ‘habet’. De même, pas de respiration, il faut viser l’apex de la phrase.

Enfin, la mélodie se conclut sur trois alleluia. Le premier, dans un ambitus assez réduit, une tierce, semble réservé. Il prépare le second, plus aérien qui repart autour de la dominante ‘do’. Enfin, le troisième, identique à celui de la première phrase, vient conclure majestueusement la pièce, avec la présence de la sous-finale ‘fa’ qui assure un fondement modal stable et ferme.

Dieu possède la plénitude, la science du langage, la connaissance de toute parole. La séquence ‘Veni Sancte Spiritus’ ou encore l’hymne des Vêpres ‘Veni Creator’ viendront développer les sept dons du Saint–Esprit que nous offrent Dieu dans sa Miséricorde.

« Invoquons donc l’intercession de la très Sainte Vierge Marie afin qu’elle obtienne à l’Eglise de notre temps d’être puissamment fortifiée par l’Esprit Saint. Et en particulier, que les communautés ecclésiales qui subissent la persécution en raison du nom du Christ, ressentent la présence réconfortante du Consolateur afin que, participant à ses souffrances, elles reçoivent en abondance l’Esprit de gloire. »6

 

1 Benoît XVI – Regina caeli – Place St Pierre, 11 mai 2008.

2 Saint Grégoire le Grand – Homélie sur les Evangiles, sermon 30.

3 Catéchisme de l’Eglise catholique 731.

4 Catéchisme de l’Eglise catholique 732.

5 Dom Gajard – Les Plus Belles Mélodies grégoriennes – page 164.

6 Benoît XVI – – Regina caeli – Place St Pierre, 31 mai 2009.